L’Olympique de Marseille, humilié par le PSG (5-0) dimanche dernier, traverse une période agitée. L’entraineur italien Roberto De Zerbi a été limogé quarante-huit heures après cette déroute, et son successeur n’est pas encore connu. L’ancien international guinéen Titi Camara, passé par l’OM entre 1999 et 2001, a livré ses impressions à 221foot.
Depuis quelques semaines, l’OM connaît quelques hauts, comme ses succès face à Lens (3-1) en Ligue 1 et Rennes (3-0) en Coupe de France, mais surtout des bas. Eliminé en Ligue des Champions après une prestation indigence face au FC Bruges (0-3), rattrapé sur le fil par le Paris FC en championnat (2-2) et corrigé par le PSG (5-0), le club phocéen s’est séparé de Roberto De Zerbi et devrait annoncer rapidement le nom de son successeur. Une actualité qui suit de près Titi Camara, l’ex attaquant du club.
Comment avez-vous ressenti la défaite au Parc des Princes ?
Comme une humiliation. Pour le club, pour la ville et les supporters de l’OM, je sais que c’est quelque chose de très difficile à accepter. On peut perdre un match, surtout face à un adversaire qui est supérieur. Nous savons tous que le Paris-SG est la meilleure équipe de Ligue 1, mais perdre dans ces conditions, c’est inacceptable !
Je n’ai pas vu de sentiment de révolte, ni même de vraie réaction. J’ai surtout vu des joueurs perdus, qui ne semblaient pas comprendre les choix de leur entraîneur. Ce match était encore pire que celui perdu à Bruges, et face à une équipe comme le PSG, cela ne pardonne pas.
Roberto De Zerbi a été limogé après cet échec…
Oui, et cela ne m’a pas étonné. On voyait bien que cela ne pouvait plus durer, que son message ne passait plus. Il devenait de plus en difficile de comprendre ses choix tactiques, ses compositions d’équipe. Même les joueurs semblaient ne plus savoir ce qu’il demandait.
La responsabilité de De Zerbi est réelle. Mais celle des joueurs également, non ?
Bien sûr. Pour jouer à l’OM, il faut avoir du caractère, un esprit de combattant, tout donner à chaque match. Tu peux rater des choses, mais si tu te bats pour les couleurs du club, les supporters t’adopteront. Quand je vois les attitudes de certains joueurs, je me demande s’ils sont faits pour évoluer à l’OM. Ont-ils été briefés auparavant, sur ce qu’est Marseille, sur les attentes des supporters, le contexte passionnel qui entoure le club ? On peut se poser la question.
La question du moment, c’est le nom du successeur de Roberto De Zerbi. On entend parle d’Habib Beye, fraîchement limogé de Rennes, de Franck Haise, de Christophe Galtier, d’Eric Chelle, de Walid Regragui, de Djamel Belmadi notamment. Quel serait le bon profil selon vous ?
Je pense qu’il faut un entraîneur connaissant bien le contexte marseillais, connaissant bien le club et la Ligue 1. A mon avis, Habib Beye correspond au profil. Il a joué pendant quatre ans à l’OM. Il faut apporter du calme, de la sérénité, et j’ai l’impression qu’avec lui, ce sera le cas.
C’est un homme intelligent, qui a du caractère et qui a fait des choses intéressantes depuis qu’il est entraîneur. Il ne faut pas exclure l’hypothèse interne, pour assurer l’intérim pour un ou deux matchs ou plus longtemps avec Jacques « Pancho » Abardonado, qui était l’adjoint de De Zerbi.
Il est né à Marseille, a joué à l’OM, il connaît parfaitement le club, il est apprécié par les joueurs et les supporters et c’est un professionnel de qualité et une personne humainement très attachante.
Sportivement, la situation n’est pas alarmante : l’OM, certes éliminé en Ligue des champions, est quatrième de Ligue 1 et qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France (le 4 mars à domicile face à Toulouse…
Si l’OM veut sauver sa saison, il lui faut gagner la Coupe de France et terminer sur le podium en Ligue 1, afin de participer à la Ligue des Champions la saison prochaine. Le dernier titre de champion de France de l’OM remonte à 2010, son dernier trophée en 2011 (Trophée des Champions face à Lille, ndlr).
Pour un club de ce standing, c’est beaucoup trop long. La Coupe de France me semble un objectif accessible, même si Lens et Lyon, qui réalisent une très belle saison, ou Strasbourg, peuvent être des prétendants également.
La direction du club est également au cœur de toutes les attentions, notamment le président Pablo Longoria et Mehdi Benatia, le directeur du football. Vous attendez-vous également à des mouvements dans ce secteur ?
La situation de Pablo Longoria me semble compliquée, oui. Mais sur ce point, ce sera au propriétaire, Frank McCourt, de prendre des décisions.


