À 34 ans, Édouard Mendy a choisi de mettre un terme à son aventure avec le Sénégal après 8 années au plus haut niveau. Son parcours avec les Lions de la Teranga aura notamment été marqué par 2 Coupes du monde, 3 participations à la CAN et 2 titres continentaux, avant cette décision qui ouvre un nouveau chapitre de sa carrière.
Cette décision ne résulte toutefois pas d’un événement précis, mais d’une réflexion profonde entamée depuis plusieurs mois. Dans un entretien avec RFI, le gardien sénégalais explique notamment comment son parcours en sélection et sa situation personnelle l’ont progressivement conduit à tourner la page.
J’ai eu le privilège de jouer deux Coupes du monde, de participer à trois CAN et demie – la première (2019), malheureusement, je me suis cassé le doigt –, d’en remporter deux, d’incarner ce rôle de grand frère, d’être dans la transmission pour préparer la génération présente mais aussi future. Quand on se pose toutes ces questions-là, qu’on y ajoute des paramètres plus familiaux, on se dit que c’est le moment de dire stop, de se regarder dans le miroir, de se dire qu’on a tout donné et que la mission a été accomplie.
Une fois cette réflexion menée, Mendy a néanmoins pris le temps d’échanger avec le nouveau sélectionneur sénégalais. Patrick Vieira souhaitait lui présenter son projet et le rôle qu’il envisageait pour le gardien, mais ces discussions n’ont finalement pas modifié sa décision.
Je lui ai aussi exposé ma vision, le pourquoi du comment. De là a découlé un nouveau temps de réflexion, par respect pour Patrick et pour le rôle qu’il souhaitait me donner au sein de la sélection. J’ai repris le temps de réfléchir, puis j’ai décidé de ne pas prendre part à ce projet, parce que je pense que cela aurait été un peu égoïste de ma part de commencer quelque chose que je n’allais pas forcément finir.
Cette volonté de laisser place au nouveau cycle s’inscrit aussi dans un contexte où son corps lui a rappelé, à plusieurs reprises, les exigences de ces huit années internationales. Sa blessure au genou durant le Mondial 2026 s’ajoute ainsi à un historique qui a limité son nombre de sélections, sans pour autant constituer le cœur de sa décision.
Les blessures et la condition physique ont évidemment fait partie des paramètres de ma décision. Ça n’a pas été le paramètre principal, mais ça reste quelque chose à prendre en compte. Pour quelqu’un qui a évolué huit ans en sélection, le nombre de sélections (59) peut paraître bas, tout simplement parce qu’il y a eu beaucoup de blessures. C’est la vie du footballeur, ce sont des choses qui arrivent, ça fait partie d’un cheminement.
Malgré une fin marquée par une élimination au Mondial 2026, le gardien d’Al Ahli SFC ne résume pas toutefois son passage en sélection à ses dernières années. Lorsqu’il revient sur les moments qui ont construit son histoire avec les Lions, un souvenir s’impose naturellement : celui du premier titre continental remporté par le Sénégal en 2022.
La première CAN et la séance de tirs au but qui nous a donné le sacre auront toujours une saveur spéciale. Je pense que ce sera pareil pour tous les Sénégalais. C’était la première fois que l’on accédait au sacre continental : une première, et on sait que toute première fois apporte un sentiment inégalable.
Ce souvenir symbolise finalement l’héritage qu’Édouard Mendy souhaite laisser après son départ de la sélection. Désormais concentré sur sa carrière en club avec Al Ahli et sur ses projets éducatifs et entrepreneuriaux au Sénégal, il entend profiter de cette nouvelle disponibilité pour renforcer son engagement auprès de la jeunesse.


